4 Septembre 2026
Et si demain, acheter d'occasion devenait aussi simple et attractif que faire ses courses dans un centre commercial classique ? C'est l'ambition affichée par Ïkos, le futur Village du Réemploi solidaire qui prend forme dans le nord de Bordeaux.
Installé rue du Professeur Dangeard, dans le secteur de Bordeaux-Lac / La Jallère, le projet doit ouvrir au printemps 2027. Sur près de 12 000 m², il réunira une dizaine d'activités autour d'une même idée : donner une nouvelle vie aux objets plutôt que de les envoyer vers la filière des déchets.
Le chantier, lancé au printemps 2026, marque aujourd'hui le passage d'un projet imaginé depuis plusieurs années à une réalisation bien concrète.
L'histoire d'Ïkos ne commence pas avec les premiers engins de chantier.
Le projet est né en 2017, lorsque plusieurs structures de l'économie sociale et solidaire ont commencé à réfléchir à la création d'un lieu commun capable de donner davantage d'ampleur à leurs activités de collecte, de réparation et de réemploi.
Au fil des années, le collectif s'est agrandi jusqu'à réunir neuf acteurs spécialisés dans différentes filières : Le Relais Gironde, l'Atelier d'éco Solidaire, Le Livre Vert, les Compagnons Bâtisseurs Nouvelle-Aquitaine, R3, Envie Gironde, Échange Nord Sud, la Recyclerie Sportive et Replay.
Après plusieurs années de recherche de foncier, de financement et de préparation, le chantier a finalement démarré en 2026.
Le projet représente un investissement d'environ 19 millions d'euros et doit être réalisé par Aquitaine Gascogne Construction, filiale du groupe Cassous.
Ïkos veut aller beaucoup plus loin qu'une simple ressourcerie.
Le futur site doit fonctionner comme un véritable village consacré au réemploi, avec des espaces commerciaux, des ateliers, des zones de collecte et de tri, mais aussi des lieux destinés à sensibiliser le public.
Le programme prévoit notamment environ 2 900 m² consacrés aux activités commerciales, 1 200 m² de bureaux et d'espaces artisanaux et près de 7 000 m² dédiés aux activités industrielles de collecte, de tri et de valorisation.
L'objectif est de permettre au visiteur de retrouver dans un même lieu une multitude de produits ayant déjà vécu une première vie.
Mobilier, vêtements, livres, électroménager, objets de décoration, jouets, articles de sport ou encore équipements électroniques pourront ainsi être collectés, réparés, transformés puis remis en circulation.
L'originalité d'Ïkos repose aussi sur la diversité de son offre.
Le futur village doit rassembler plusieurs univers spécialisés. L'électroménager et le high-tech reconditionnés seront notamment proposés par Envie Gironde, tandis que Replay développera l'univers des jeux et jouets.
Les amateurs de sport retrouveront de leur côté la Recyclerie Sportive, avec des équipements de seconde main permettant de pratiquer différentes disciplines sans forcément acheter du matériel neuf.
Le site accueillera également des produits issus de la lutte contre le gaspillage alimentaire ainsi que différentes catégories de mobilier, textile et objets du quotidien.
L'idée est finalement assez simple : plutôt que de multiplier les déplacements entre plusieurs ressourceries spécialisées, le public pourra retrouver une large gamme de produits de seconde main dans un même endroit.
Le réemploi ne s'arrête toutefois pas à la revente.
Le futur village doit également accueillir des ateliers de réparation et de transformation, afin de prolonger encore davantage la durée de vie des objets.
Cette logique permet de passer d'une économie basée sur l'achat, l'utilisation puis le remplacement à un modèle dans lequel les produits peuvent être entretenus, réparés, transformés et réutilisés.
Ïkos doit également proposer des espaces pédagogiques et de sensibilisation afin d'expliquer au grand public comment réduire ses déchets et modifier progressivement ses habitudes de consommation.
Derrière le projet commercial se cache surtout un objectif environnemental considérable.
Les neuf structures du collectif traitent déjà plusieurs milliers de tonnes d'objets chaque année sur différents sites. Le regroupement dans un même village doit permettre de changer d'échelle.
À terme, Ïkos vise une capacité pouvant atteindre 13 000 tonnes d'objets par an, soit une augmentation de l'ordre de 60 % des capacités actuelles du collectif.
Le projet doit ainsi permettre de détourner une quantité importante d'objets du circuit classique des déchets pour leur offrir une seconde vie.
Cette mutualisation doit également faciliter le travail des différentes structures, en regroupant leurs moyens et leurs compétences sur un même site.
L'autre dimension importante d'Ïkos est sociale.
Le futur village doit permettre de créer environ 100 emplois supplémentaires, portant à près de 300 le nombre d'emplois mobilisés par le collectif, avec une forte dimension d'insertion professionnelle.
Le réemploi devient ainsi un outil qui ne sert pas uniquement à réduire les déchets. Il devient également un moyen de créer des emplois locaux, de former des personnes et de favoriser leur retour vers l'emploi.
Cette dimension explique notamment pourquoi le projet s'inscrit pleinement dans l'économie sociale et solidaire.
Ïkos ne veut pas devenir uniquement un endroit où l'on vient déposer un meuble ou acheter un objet d'occasion.
Le futur village doit également devenir un lieu de vie.
Deux espaces complémentaires ont notamment été recherchés en 2026 : une activité de restauration de 174 m² avec terrasse et une cellule commerciale de 159 m² destinée à compléter l'offre existante.
L'objectif est de créer un lieu où l'on peut venir chiner, acheter, réparer, découvrir, apprendre, manger ou simplement passer du temps.
Une approche qui rapproche davantage Ïkos d'un véritable lieu de destination que d'une traditionnelle ressourcerie.
Le projet prend place sur un terrain d'environ trois hectares à La Jallère, propriété de Bordeaux Métropole. Le secteur se trouve au cœur d'un territoire en pleine évolution, à proximité de Bordeaux-Lac et de plusieurs quartiers en transformation.
Cette implantation permet à Ïkos de disposer d'un espace suffisamment vaste pour réunir des activités industrielles, commerciales et artisanales tout en restant intégré au tissu urbain bordelais.
Le futur village doit ainsi pouvoir accueillir aussi bien les particuliers venus déposer ou acheter des objets que les professionnels ayant besoin d'une solution de réemploi.
Le projet immobilier lui-même cherche également à traduire cette philosophie.
Le bâtiment est organisé autour d'espaces modulables pouvant évoluer avec les besoins des activités. Une attention particulière est également portée à l'intégration paysagère et à l'organisation des différents flux entre les zones de collecte, de tri, de transformation et de vente.
Le projet architectural représente plus de 11 600 m² de surface et comprend notamment un bâtiment destiné à l'accueil du public et aux activités ainsi qu'un bâtiment industriel consacré à la réception et au tri des marchandises.
Le symbole est fort : le lieu chargé de donner une nouvelle vie aux objets cherche lui-même à inscrire sa construction dans une logique plus responsable.
Cet article s'appuie sur les informations publiées par Ïkos, Bordeaux Métropole Aménagement, Territoires Nouvelle-Aquitaine, Valdelia, RTES, Le Journal des Entreprises, Le Moniteur, Sud Ouest, CM-CM et La Recyclerie Sportive.
Article mis en ligne le 4 septembre 2026